Église Saint-Nicolas

Église Saint-Nicolas d’Avesnes-le-Comte | Histoire

Avesnes-le-Comte · Page pilier · Église Saint-Nicolas

L’église Saint-Nicolas d’Avesnes-le-Comte
Architecture, trésors et histoire

Gothique flamboyant · Monument historique

Née comme chapelle castrale, reconstruite après les guerres et sauvée à plusieurs reprises, l’église Saint-Nicolas est le monument majeur d’Avesnes-le-Comte. Cette page en retrace l’histoire et renvoie vers chaque étude.

Fiche d’identité

Lieu : Église Saint-Nicolas, Avesnes-le-Comte (Pas-de-Calais, Artois)

Période : du XIVe siècle à aujourd’hui

Personnes : Mahaut d’Artois, Adrien Morel, Pierre-Augustin Lefin, Philippe Ledru, Mgr Lequette

Sources : Archives de l’abbé Lefin, relevés du docteur Ledru, registres de fabrique, base Palissy

Repères de l’histoire de l’église

DateRepèrePage détaillée
XIIe siècleCuve des fonts baptismaux en calcaire de TournaiLe trésor roman
1220–1801Registre des prévôts de la paroisse (inscription Mementote)L’intérieur
XIVe siècleLa chapelle castrale, noyau originel de l’égliseLe sang des comtes
Début du XVIe siècleÉlargissement de la nef, baies flamboyantesAdrien Morel
1574Date gravée sur la clef de voûte de saint LaurentL’intérieur
1736Un ouragan emporte le clocherL’ouragan de 1736
1793Temple de la Raison ; une seule cloche conservéeLa cloche sans nom
1874Consécration par Mgr Lequette (27 mai)La consécration de 1874
1937Installation de l’orgue (Van Den Brande, Amiens)Orgue et verrières

De la chapelle castrale à l’église-halle

L’église est née comme chapelle castrale sous l’influence des comtes d’Artois. Le prestige des séjours royaux, notamment celui de Jeanne de Bourgogne, a contribué à son agrandissement : voir Le Sang des Comtes et Saint-Nicolas, le Livre de Pierre. Au début du XVIe siècle, Adrien Morel est associé à la reconstruction : élargissement de la nef et création de baies flamboyantes.
Le monument est un édifice de style gothique flamboyant, classé monument historique depuis 1910 selon la page du circuit patrimonial. C’est aussi une église-halle : le ciel de pierre montre ses 36 clefs de voûte de 30 centimètres, dont les plus anciennes héritent de l’art médiéval et de la Renaissance, tandis que les formes plus sobres datent de la campagne de 1871.

Une forteresse de craie

À Avesnes, prière et défense sont liées. La craie extraite sur place a servi à bâtir l’église, et les cavités creusées, les « muches », offraient des refuges souterrains aux habitants : voir Forteresse & Sanctuaire et Souterrains & Muches. Les combles et les coulisses de l’édifice sont décrits dans L’Envers du décor.

Ce que l’on voit à l’intérieur

Sous les voûtes, l’inscription latine Mementote vestrorum prepositorum (« Souvenez-vous de vos prévôts ») couvre une liste de prévôts de la paroisse de 1220 à 1801, et la clef de voûte de saint Laurent porte la date de 1574 : L’Intérieur : bestiaire & voûtes. Les dalles funéraires font l’objet de Les pierres qui parlent.
Parmi les trésors : les fonts baptismaux, dont la cuve romane en calcaire de Tournai date du XIIe siècle ; la statuette d’argent de 23 cm, œuvre d’un orfèvre d’Arras du XVIe siècle et liée à la légende du « miracle des otages » ; la poutre de gloire portant le Calvaire ; et le mobilier classé, dont la chaire à prêcher. L’ensemble est décrit dans l’inventaire complet et l’écrin d’art sacré.

Le clocher, les cloches, l’orgue

En janvier 1736, un ouragan emporte le clocher et dévaste la toiture ; la reconstruction n’est décidée que trente-trois ans plus tard, après le débat entre le maître arpenteur Charles François Sadin et le maître charpentier Adrien Cavrois : L’ouragan de 1736 et le pari de 1769. La tour porte aussi trois manières de dire l’heure, du cadran solaire à l’horloge : Un clocher ou la maîtrise du temps.
La cloche sans nom, qui pèse 1 600 kg et sonne le Sol, est une rescapée de 1793 : la loi du 23 juillet ordonne alors qu’une seule cloche subsiste par paroisse (sa page, les sacristains et sonneurs). L’orgue, installé en 1937 par la firme amiénoise Van Den Brande, intègre 204 tuyaux du milieu du XIXe siècle (Lumière & musique). Les graffitis de la tour, dont les plus anciens remontent à 1618, sont étudiés dans Les Graffiti de la Tour.

Sous la Révolution, puis les restaurations

De 1793 à 1795, l’église devient un temple de la Raison : mobilier saisi, culte interdit, cloches fondues (Cendres & Révolution). Au XIXe siècle, le doyen Lefin dégage de ses mains les voûtes, et le 27 mai 1874 l’évêque d’Arras, Mgr Lequette, consacre l’édifice restauré ; chaque pilastre de la nef reçoit alors une rosace peinte (La Consécration de 1874). En 1905, l’inventaire des biens des églises provoque la Guerre des curés. Une note de Ledru sur les peintures murales signale enfin des fragments de peintures attribués au XVIe siècle sous les enduits.

Le jardin du sanctuaire

Le « Jardin public » qui entoure l’église fut pendant des siècles son cimetière paroissial. Il a été transformé en jardin à partir de novembre 1901 et classé monument historique le 2 septembre 1937 : L’Écrin vert.

Questions fréquentes

Quand l’église Saint-Nicolas a-t-elle été consacrée dans son état actuel ?

La consécration solennelle a eu lieu le 27 mai 1874, par Mgr Lequette, évêque d’Arras, après la restauration de l’église.

Quel est l’objet le plus ancien de l’église Saint-Nicolas ?

Les fonts baptismaux : leur cuve romane en calcaire de Tournai date du XIIe siècle, et le site les décrit comme plus anciens que les murs qui les abritent.

Pourquoi appelle-t-on la grande cloche « la cloche sans nom » ?

C’est une survivante de 1793 : la loi du 23 juillet 1793 ordonnait de ne garder qu’une cloche par paroisse. Elle pèse 1 600 kg et sonne le Sol.

Que s’est-il passé au clocher en 1736 ?

Un ouragan a emporté le clocher et dévasté la toiture en janvier 1736. La reconstruction n’a été décidée que trente-trois ans plus tard.

L’église est-elle protégée au titre des monuments historiques ?

Le site indique qu’elle est classée monument historique depuis 1910, et qu’une partie de son mobilier est protégée. Le jardin qui l’entoure est classé depuis le 2 septembre 1937.

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